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Posted by Jean Marie Richard on 26/12/2007, 5:54 am
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RODRIGUES-
Le mot est lâché “Indépendance”
Le 21 décembre 1976, L’OPR comptait les voix de son baptême du feu électoral autour du thème de l’autonomie - la jusqu’alors citadelle du PMSD vacille en attendant de basculer définitivement en 1982 : Le forum politique rodriguais s’articule autour du mot programme « Autonomie » - une longue route qui aboutira à l’institutionalisation de la dévolution des pouvoirs en 2002 par la loi constitutionelle instituant l’Assemblée Régionale de Rodrigues - Rodrigues Regional Assembly Act.
21 décembre 2007, Johnson Roussety, qui avait à peine un an en 1976, Chef Commissaire de l’Ile Rodrigues autonome, lance le mot « indépendance » dans l’arène politique sur fond de tensions socio économiques et de rapport de force institutionnel entre Port Louis et Port Mathurin. L’événement est de taille et va sans doute modifier profondément les rapports entre l’ile autonome au sein de la République - Indépendance le mot est lâché tout comme le vin qui est tiré il faudra maintenant le boire. Reste à savoir si de part et d’autre l’on optera pour une dégustation civilisée pour ensuite échanger des vues sur les caractéristiques intrinsèques du brevage gorgée après gorgée ou si l’on optetera d’entrée de jeu pour pour la querelle de poivrots immodérés…
Une chose est certaine c’est que ce 21 décembre 2007, en osant le mot indépendance, le jeune Chef Commissaire de l’Ile Rodrigues autonome a pris les devants de la scène politique de son ile et aussi de celle de la République. Il a réussi à damer le pion du leadership en matière de programme et de la vision politique à son « leader historique » Nicolas Von Mally. Ce dernier ensablé dans son comfort zone de 4ème député correctif de Rodrigues à l’Assemblée Nationale n’a pas eu d’autre alternative que de tenter de calmer le jeu au risque encore une fois de désavouer publiquement Johnson Roussety en déclarant que « l’indépendance n’était pas à l’agenda du MR » Difficile certes de s’accocier et encore moins développer un tel concept quant la vision politique semble se limiter au strapontin du ministère de Rodrigues- objet de tant de quémandes et pathétiques ritournelles sous forme d’offres de services d’un gouvernement central à l’
autre - mis à part la parenthèse dela sécéssion évoquée publiquement encore en 1994…
Johnson Roussety en osant aux dernières élections régionales affronter les suffrages de la difficile Région 5 de Rodrigues (réputé bastion de l’OPR qui d’ailleurs y alignait deux candidats de qualité - Francisco Francois et Richard Payendee) et surtout en y remportant la victoire décisive pour ce qui est de la formation de l’éxécutif de L’Assemblé Régionale s’est imposé comme le vrai patron de l’ile. Du même coup Von Mally, éternel best loser se voyait privé des moyens d’actions pour peser de manière conséquente sur la gestion de Rodrigues et relégué sur le banc de touche de la prise de décision effective.
A partir de ce moment la il était clair que lui et Roussety ne jouaient plus dans la même division. La démonstration a été amplement faite en au moins deux occasions cette année - Lors de la présentation du Budget et récemment à l’occasion de la récente crise., deux occasions ou il aura tenté en vain de se draper de son autorité de chef de parti pour essayer de damer le pion, en le désavouant, le chef commissaire légitiment élu et porteur d’un mandat plicisté par le suffrage universel.
Pour sa part l’OPR est non moins pathétique face à cette nouvelle donne qui semble dépasser l’entendement de son lider maximo ! Ce dernier a toujours joué l’anguille quand il s’est agi de parler publiquement d’
autodétermination ou encore d’ethnicité en se gargarisant du désormais concept creux de «spécificité». Ce qui ne lui enlève pas la capacité connue et reconnue de savoir attiser le feu sou les cendres d’une certaine forme de xénophobie bien ciblée quant cela lui sied tout comme ses bonjours pathétiques qu’il sait administrer en déambulant les rues de Port Mathurin en tant de simple député régional et non lorsqu’il se perche dans le 4x4 de fonction du Chef Commissaire…Encore faut il reconnaître une certaine cohérence de circonstance du discours public par rapport à l’application de l’Autonomie et de l’intégrité territoriale de la République de Maurice . La question est dorénavant de savoir si justement la « spécificité » de la population de Rodrigues ne constitue pas un Locus Standi pour se referer à la Charte des Nations Unies consacrant le Droit des Peuples à l’
autodétermination ? L’OPR rappellons le par ailleurs étant le sigle pour l’
Organisation du Peuple de Rodrigues !!!!
En quelque sorte la question fondamentale qui se pose est la suivante :
Est-ce que le la population de Rodrigues (Peuple de Rodrigues ?…) constitue une entité démographique spécifique par ses valeurs, ses traditions, les différentes facettes de sa culture ? La question subsidiaire et non moins essentielle, qui en découle étant quel est le désir profond de cette population (…Peuple ?) Etre plus en mesure d’influer sur son avenir et son désir de vivre ensemble autour de ses valeurs intrinsèques et spécifiques et enfin d’être plus en mesure d’influer sur ses orientations de choix de société et de modèle de développement - Et enfin est-ce que de par ses spécificités la population rodriguaise ( Le Peuple de Rodrigues ) souhaite examiner les voies qui lui permettront d’opter pour le choix de l’
autodétermination et de ce fait d’articuler cette volonté autour d’un projet commun porté par un Etat souverain et Indépendant ?
C’est la question posée sur la table par Johnson Roussety le 21 décembre dernier. Elle est on ne peut plus légitime dans une perspective moderne et progressiste. Elle représente sans doute un défi à ceux qui ont toujours considéré Rodrigues comme quantité négligeable - et ils sont nombreux :
rappelons ici les propos réactionnaires du style « pé donne enn milliard a enn groupe dimoun lot coté la mer » tenu un certain soir de 2005 à Calebasses ou encore « a la nou finn fini perdi Rodrigues » énoncé par un certain Siddick Chady alors qu’il avait voté la loi de dévolution des pouvoirs…Sans compter avec celles et ceux qui n'ont de cesse de considèrer Rodrigues comme un " dixième district" ou encore de la reléguer au niveau d'une municipalité ou d'un conseil de district... Cette question s’inscrit dans le cadre du débat démocratique au sein de notre République reste à savoir si ceux qui la dirigent aujourd’hui ceux qui l’on dirigé hier et la dirigeront demain sauront reconnaître les capacités et surtout l’
intelligence collective stumulant l’aspiration de toute une ile, de tout un peuple ?
Afin de ne pas leur laisser seuls aux commandes de la prise de décision et du processus, il est souhaitable que se mette sur pied d’un collectif citoyen transcendant tous les clivages pour parler ensemble des implications, socio économiques culturelles et institutionelles d’une évolution politique de Rodrigues, Une plate forme responsable pour discuter ensemble des options offertes de part et d’autre des rives de notre océan commun placé dans une perspective de mondialisation.certes mais ou chaque groupe humain, chaque peuple doit pouvoir exercer son choix et son droit à l ’autodétermination.
Jean Marie F. RICHARD
Grand- Baie Rodrigues
24 décembre 2007
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