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Posted by Bashir on 21/1/2008, 4:09 am, in reply to "Re: Holiday in Mauritius"
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To Le Bossu....gigi
Article:Les nouveaux désinformateursEntretien avec Guillaume Weill-Raynal* PART II
Comment pourrait
Comment pourrait-on définir la désinformation ?
Ils se sont servi de Meyssan comme d’un épouvantail et de sa théorie du complot comme d’une caricature d’esprit critique pour ridiculiser et disqualifier tout esprit réellement critique. Bien entendu, ils ont amalgamé tout cela à l’antisémitisme en rattachant la théorie du complot aux Protocoles des Sages de Sion.
Ils ont amalgamé ensuite l’antisémitisme à l’antiaméricanisme, puisque Meyssan attente à la mémoire des victimes du 11 septembre ! Dans la foulée on attaque les altermondialistes, les intellectuels de gauche, les opposants à la guerre en Irak, les partisans d’une paix équitable au Proche-Orient qu’on traite d’antisémites, de Munichois, de complices des « nazislamistes », d’islamo-gauchistes etc.
C’est à la fois grossier et subtil. Tous ces thèmes s’agencent entre eux de manière parfaitement cohérente. Et tout cela s’est fait à partir d’un véritable réseau de sociétés de créations audio-visuelles et de maisons d’éditions où l’on croise toujours les mêmes personnes. Notamment Daniel Leconte.
Ajoutez pour finir que la théorie du complot que ces gens nous présentent comme un symptôme d’antiaméricanisme est en réalité un thème récurrent de la culture américaine, un pur produit d’importation ! Autre effet miroir : la désinformation participe de ce vieux vice humain qui consiste à projeter sur autrui ses propres tares…
Selon vous l’enjeu de l’affaire Redeker était celui d’une validation morale de propos susceptibles de poursuites pour incitation à la haine raciale et religieuse et simultanément d’une criminalisation de toute réponse aux idées soutenues par Redeker
L’affaire Redeker est exemplaire de l’effet de dégradation que la désinformation produit dans le débat. Tout le monde se réclame de la liberté d’expression, mais chacun cherche à faire taire le voisin. On a le droit de critiquer l’islamisme sous un angle politique et même l’islam sous l’angle de la philosophie athée.
On peut railler les curés, les rabbins et les imams au nom de l’anticléricalisme. On a le droit d’être impertinent, outrancier, et même de tourner le sacré en dérision. Mais Redeker est allé plus loin en affirmant que « tout musulman » est « élevé dans les valeurs de haine et de violence » qui sont « celles du Coran ».
Il faut être aveugle pour refuser de voir dans cette phrase une incitation flagrante à la haine ethnique ou religieuse. Un délit qui tombe sous le coup de la loi. Il fallait condamner les menaces dont Redeker a été victime car nul ne doit être menacé dans son intégrité physique pour quelque raison que ce soit et même pour des propos illicites.
Le seul « châtiment », c’est de s’en expliquer éventuellement devant un tribunal. Mais là où on inverse les rôles, c’est que ceux qui ont timidement assorti leur solidarité à l’égard du sort fait au « philosophe » d’une condamnation sur le fond des propos qu’il avait tenus ont été attaqués avec une violence inouïe comme des ennemis de la liberté d’expression.
Il était interdit de répondre. Comme si la liberté d’expression était à sens unique ! Je garde en mémoire un débat télévisé où Romain Goupil a littéralement empêché l’historien Jean Baubérot d’exprimer son point de vue, avec une incroyable agressivité. BHL a écrit dans Le Point que Redeker méritait un soutien « indiscuté, total et sans bémol » et que ceux qui le critiquaient lui donnaient « la nausée ».
Quant à Finkielkraut, il a écrit dans Le Figaro cette phrase que je trouve abominable : « Il est plus que temps de libérer le oui à Redeker du mais qui l’entrave ». Relisez attentivement cette phrase, elle fait froid dans le dos. De quelle libération nous parle-t-il, sinon de celle des instincts les plus bas, légitimée par une rhétorique de supérette. Et Finkielkraut enseigne la philosophie à nos polytechniciens…
La désinformation a-t-elle des effets à long terme ?
Oui. Il s’agit d’un véritable « désaprentissage » de la pensée. On ne raisonne plus. On ne réagit qu’émotionnellement, à partir d’associations d’images. Volkoff avait bien noté que la désinformation utilise les techniques du marketing. L’opinion publique devient aussi naïve et malléable face aux questions de société que la ménagère de moins de cinquante ans face au paquet de lessive. Le plus grave est de voir des « intellectuels » ayant pignon sur rue participer à ce mouvement. C’est l’éternelle trahison des clercs.
Peut-on lutter contre la désinformation ?
Il faut inlassablement en revenir au réel. Nul n’est besoin d’être expert pour juger honnêtement d’un problème dès lors qu’on accepte d’examiner les faits sans préjugés. Il faut savoir cultiver le doute, se méfier de soi-même et du désir enfoui en nous tous que la réalité soit autre qu’elle est. Pour cela, le meilleur outil rhétorique dont nous disposons reste la logique, qui est à la base de toute philosophie. Une notion que Finkielkraut semble avoir un peu perdu de vue.
* Guillaume Weill-Raynal, avocat au barreau de Paris et essayiste français
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